La Panne

A breakdown on a country road leads to an unexpected day

La Panne

Julien part de Paris à sept heures du matin. Il conduit depuis deux ans une vieille Renault grise qui a deux cent mille kilomètres au compteur. Sa sœur Émilie l'attend à Biarritz pour le week-end. Il a prévu six heures de route. Il part avec de la musique, un café dans un thermos, et l'autoroute A10 devant lui. Le soleil se lève sur les champs de blé. Julien est de bonne humeur.

Julien leaves Paris at seven in the morning. For two years he has been driving an old grey Renault with two hundred thousand kilometres on the clock. His sister Émilie is waiting for him in Biarritz for the weekend. He has planned six hours of driving. He sets off with music, coffee in a thermos, and the A10 motorway ahead of him. The sun rises over the wheat fields. Julien is in a good mood.

Trois heures après le départ, la voiture commence à faire un bruit étrange. Un bruit sourd, régulier, qui vient du moteur. Julien baisse la musique et écoute. Le bruit continue. Puis, sur une petite route départementale entre Tours et Poitiers, la voiture ralentit toute seule, et s'arrête. Julien essaie de redémarrer — rien. Il sort de la voiture et regarde sous le capot, comme si ça allait l'aider. Il ne comprend rien aux moteurs.

Three hours after setting off, the car starts making a strange noise. A dull, regular sound coming from the engine. Julien turns down the music and listens. The noise continues. Then, on a small country road between Tours and Poitiers, the car slows down on its own and stops. Julien tries to restart it — nothing. He gets out of the car and looks under the bonnet, as if that would help. He knows nothing about engines.

Il appelle son assurance. L'assistance arrive dans deux heures — c'est un dimanche, tout est plus lent. Julien regarde autour de lui. Il est sur une petite route entre deux champs. À cinq cents mètres, il voit le clocher d'une église. Il prend son sac et marche vers le village. Un panneau dit : « Saint-Papoul — 247 habitants. » Il y a une boulangerie fermée, une mairie fermée, et un bar dont la porte est ouverte.

He calls his insurance. Help is coming in two hours — it's a Sunday, everything is slower. Julien looks around him. He is on a small road between two fields. Five hundred metres away, he sees a church steeple. He picks up his bag and walks towards the village. A sign says: 'Saint-Papoul — 247 inhabitants.' There is a closed bakery, a closed town hall, and a bar whose door is open.

Dans le bar, il y a deux hommes qui jouent aux cartes et un barman qui essuie des verres. Le barman s'appelle Louis. Il a la cinquantaine, un tablier bleu, et l'air d'avoir tout vu. Julien commande une bière et explique sa situation. Louis hoche la tête. « Votre voiture est où exactement ? Sur la D38 ? » Julien confirme. Louis pose son verre. « Mon cousin est mécanicien. Son garage est fermé le dimanche, mais je peux l'appeler. »

In the bar, there are two men playing cards and a barman wiping glasses. The barman's name is Louis. He is in his fifties, wearing a blue apron, and looks like he's seen everything. Julien orders a beer and explains his situation. Louis nods. 'Your car is exactly where? On the D38?' Julien confirms. Louis puts down his glass. 'My cousin is a mechanic. His garage is closed on Sundays, but I can call him.'

Louis appelle son cousin Pierre. Pierre arrive vingt minutes plus tard — petit, les mains noires de cambouis, avec l'air d'un homme qu'on a réveillé de sa sieste. Il remorque la voiture jusqu'au garage et l'examine en silence pendant un quart d'heure. Puis il se redresse. « C'est la courroie de distribution. Elle a lâché. » Il secoue la tête. « Je n'ai pas la pièce ici. Il faut la commander. Elle arrive demain matin. »

Louis calls his cousin Pierre. Pierre arrives twenty minutes later — short, hands black with grease, looking like a man who has been woken from his afternoon nap. He tows the car to the garage and examines it in silence for a quarter of an hour. Then he straightens up. 'It's the timing belt. It's snapped.' He shakes his head. 'I don't have the part here. I need to order it. It'll arrive tomorrow morning.'

Julien appelle Émilie. « Reste là où tu es, » dit-elle. « Il y a pire comme endroit pour être bloqué qu'un village de la campagne française. » Il appelle aussi son travail — il ne sera pas là lundi matin. Puis il revient voir Louis. « Je dois rester cette nuit. Vous connaissez un hôtel dans le coin ? » Louis réfléchit. « Hôtel, non. Mais Mme Arsenault loue une chambre chez elle. Je vais lui téléphoner. »

Julien calls Émilie. 'Stay where you are,' she says. 'There are worse places to be stuck than a village in the French countryside.' He also calls work — he won't be in on Monday morning. Then he goes back to see Louis. 'I need to stay tonight. Do you know a hotel around here?' Louis thinks. 'Hotel, no. But Mme Arsenault rents out a room in her house. I'll call her.'

La chambre de Mme Arsenault est simple mais propre. Il y a un lit, une armoire, et une fenêtre avec vue sur son jardin. Mme Arsenault a soixante-cinq ans, elle est petite et rapide, et elle lui apporte une serviette et un savon comme si c'était un hôtel trois étoiles. Elle lui dit que le dîner est à dix-neuf heures trente si ça l'intéresse. « Je n'attendais pas de locataire ce soir, dit-elle, mais j'ai toujours de quoi nourrir un invité. »

Mme Arsenault's room is simple but clean. There is a bed, a wardrobe, and a window looking out over her garden. Mme Arsenault is sixty-five, small and quick, and she brings him a towel and soap as if it were a three-star hotel. She tells him that dinner is at half past seven if he's interested. 'I wasn't expecting a tenant this evening,' she says, 'but I always have enough to feed a guest.'

Le soir, Julien mange au bar de Louis. Pierre est là aussi — il n'est plus en tablier de mécanicien mais en chemise propre. Les deux hommes s'assoient à sa table et commandent la même chose que lui. Louis pose une bouteille de vin rouge sur la table. « Spécialité locale, » dit-il. Ils mangent des saucisses et des frites, ils boivent le vin, et ils parlent pendant trois heures. De la région, du football, de Paris que Julien décrit et qu'ils ne connaissent presque pas.

In the evening, Julien eats at Louis's bar. Pierre is there too — no longer in his mechanic's apron but in a clean shirt. The two men sit at his table and order the same as him. Louis puts a bottle of red wine on the table. 'Local speciality,' he says. They eat sausages and chips, they drink the wine, and they talk for three hours. About the area, about football, about Paris which Julien describes and which they hardly know.

Le lendemain matin, la pièce arrive à neuf heures. Pierre répare la voiture en deux heures. Julien attend au bar en buvant le café de Louis. À onze heures trente, Pierre arrive avec les clés. « C'est bon. » Il donne la facture à Julien. Le montant est tellement raisonnable que Julien la lit deux fois. « Vous êtes sûr ? » Pierre hausse les épaules. « Le travail, c'est le travail. La pièce, c'est la pièce. Je ne vais pas inventer des chiffres. »

The next morning, the part arrives at nine o'clock. Pierre repairs the car in two hours. Julien waits at the bar drinking Louis's coffee. At half past eleven, Pierre arrives with the keys. 'It's done.' He hands Julien the bill. The amount is so reasonable that Julien reads it twice. 'Are you sure?' Pierre shrugs. 'The work is the work. The part is the part. I'm not going to make up numbers.'

Julien arrive à Biarritz à quinze heures. Émilie l'attend sur le pas de la porte. « Vingt-quatre heures de retard, » dit-elle en le serrant dans ses bras. Il lui raconte tout pendant le dîner — Louis, Pierre, Mme Arsenault, le vin local, les saucisses, les trois heures de conversation. Émilie l'écoute et sourit. « Tu sais quoi ? dit-elle. Ça ressemble à une très bonne journée. » Julien réfléchit. Il est d'accord. C'était une très bonne journée.

Julien arrives in Biarritz at three in the afternoon. Émilie is waiting on the doorstep. 'Twenty-four hours late,' she says, hugging him. He tells her everything over dinner — Louis, Pierre, Mme Arsenault, the local wine, the sausages, the three hours of conversation. Émilie listens and smiles. 'You know what?' she says. 'That sounds like a very good day.' Julien thinks about it. He agrees. It was a very good day.

Exercises

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